Paysans et consommateurs, un pacte contre la grande distribution (de lait)

Le jeudi 10 septembre 2009, les producteurs de lait se mettent en grève en raison de faibles prix de revient qui leur sont imposés. L’infographie du Monde, donne la marge pour 1 litre de lait vendu 1,05 euro en rayon : 8 centimes pour le  producteur et 40 centimes pour le distributeur.

Du côté des consommateurs, on cherche le producteur local de lait au marché ou dans les AMAP. Mais on ne le trouve pas. Pour acheter du lait, on se rend dans l’un des 19 hypermarchés de Nantes.

Les producteurs indépendants et grévistes ont trouvé logique de distribuer gratuitement leur lait sur les marchés de la région plutôt que de l’écouler dans la fosse à lisier. Très bonne idée, car en plus d’éviter de gaspiller des hectolitres prélevés à la Nature, cette rencontre entre le paysan et le consommateur permet d’en savoir un peu plus, en se passant à la fois des médias de masse et des hypermarchés.

Le dialogue entrainant la compréhension, des clients du marché de Talensac mettent la main à la poche, et payent leur bouteille. « Les gens ont donné en moyenne 0,50 euro par litre. Soit le double de ce que nous payent les laiteries !

La question qui me vient en tête en voyant les paysans sur le marché de Talensac est la suivante. Pourquoi ne pas continuer ainsi ? ça leur va bien aussi de distribuer le lait (à la ferme ou au marché). Pourquoi ne pas proposer eux-mêmes leur prix dans ce cas, avec un peu de réaménagement dans la profession, par coopératives ou autres fonctionnements groupés,  et réussir à se passer des industriels de la grande distribution.

Pour tout dire, les consommateurs que nous sommes n’attendent que ça (et du bio !).