14 couches lavables en 2009
Bientôt la fin du Compact ! et l’heure est déjà au bilan chez nous, pour analyser ce qui s’est bien ou moins bien passé et envisager de poursuivre, dans des conditions moins radicales, la sobriété matérielle.
Un point positif pour le bambin de 2 ans : il a réduit massivement sa consommation des couches. Pour cela, avons dû recourir aux couches lavables (made in france) pendant toute l’année. Pour les non-initiés : les couches lavables comportes une fine doublure en papier qui se jette dans les toilettes. Le reste passe à la machine à laver. Nul besoin d’y mettre les mains…
Selon le CNIID, un enfant avec des couches jetables génère près de 1 kilogramme de déchets par jour. Soit plus de 300 kg /an ! C’est précisément la quantité de d’ordures ménagères produite par un adulte en une année. Costaud le petit hein ?
Les couches lavables génèrent des déchets organiques qui partent dans les égouts. Rien dans la poubelle. Le lavage des couches en machine au cours de l’année aura par contre été responsable d’une augmentation de notre consommation d’eau de 27 m3 par rapport à l’année précédente. 27 m3 sur une quantité totale de 74 m3 en 2009, ce qui reste largement inférieur à la moyenne régionale.
Rejoignons donc l’avis de Terra Eco sur le sujet : Loin d’être la croix et la bannière pour les parents, elles constituent la solution la plus économique, la plus saine… et la plus écologique lorsqu’elles sont utilisées de façon optimale.
Alors pourquoi hésiter ?
Un an d’abstinence en Finlande
Peut-on vivre sans consommer de pétrole?
Avec son épouse et leurs deux enfants, le documentariste finlandais John Webster fait un jour le pari de renoncer à toute consommation de pétrole sans pour autant changer de style de vie. Une année d’abstinence pour une réflexion non dénuée d’humour.
(Finlande, 2008, 63mn)
Réalisateur: John Webster
Film sur Arte + 7
Où jeter ses équipements électroniques (D3E) à Nantes ?
Le lecteur de DVD familial vient de rendre l’âme. Acheté d’occasion à un ami il y a 9 ans, il nous faut à présent trouver un moyen de continuer à le faire vivre en permettant sa réparation ou la récupération de ses composants.
Les déchets d’équipements électriques et électroniques ou «D3E » contiennent en effet des composants polluants ou précieux (cadmium, chrome, fluides frigorigènes, tubes cathodiques, etc.) La collecte de ces déchets concerne l’électroménager, le matériel audiovisuel et informatique. Désormais, les distributeurs (grandes surfaces, magasins spécialisés…) ont l’obligation de reprendre les anciens appareils lors de l’achat de tout appareil neuf équivalent.
Notre problème c’est que l’on achète pas neuf.
L’association ALIS 44, spécialiste de la récupération et du réemploi, ne s’intéresse qu’aux ordinateurs.
Du côté des collectivités, celles-ci ont uniquement pour obligation d’informer les particuliers sur les moyens de collecte et de recyclage de ces déchets. A Nantes, coup de chance, une collecte sélective des D3E à été mise en place. Les matériels déposés dans les déchèteries de Nantes Métropole sont récupérés par l’entreprise d’insertion Envie 44.
Au centre ville de Nantes, la déchèterie se trouve près de la Place Viarme, en face du cimetière de la Miséricorde :
Rue du Bourget – Tél. : 02 51 82 31 47 Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h et le dimanche de 8h30 à 12h sans interruption
La cueillette aux champignons
Samedi matin. Beau temps d’automne, les magasins ne sont pas encore ouverts et on peut se demander si une autre journée shopping ne va pas définitivement finir par vous achever.
Mais que faire d’autre ?
L’automne, comme dit la chanson, c’est le bon moment pour aller cueillir des champignons. Se laisser tenter par une balade en forêts, en pleine Nature, pour trouver ce que vous ne trouverez jamais rue du Calvaire : le calme, le grand air, les arbres, l’odeur de l’humus et des feuilles en décomposition.
Pour cela, il convient de dégoter une paire de bottes, un panier et de filer droit vers l’une des belles forêts de la région nantaise, au gâvre par exemple.
Une occasion de re découvrir la nature, et de retrouver une certaine maîtrise du terrain. Comme des Indiens : la cueillette sauvage, selon Jared Diamond, marque le fossé entre la société humaine traditionnelle et l’avènement de la société moderne. En gros, prélever soit même la nourriture dans la Nature relève, pour l’homme moderne, d’un véritable défi…
Si vous n’y connaissez rien en forêt ou en champignons, vous pouvez profitez du programme des sorties de l’AMO, qui, en cette saison, vous donne rendez-vous en forêt tous les week-end. En plus, le contenu de votre panier pourra être examiné avant de rentrer à la maison.

Achat de biberons sans Bisphenol A
André Cicolella est venu à Nantes parler d’un sujet qui lui tient à coeur, les effets sanitaires du Bisphenol A (BPA). Le toxicologue a déjà gagné quelques batailles sur ce sujet, et à l’écouter, il apparait idiot de ne pas faire tout de suite ce que les autorités nous demanderont dans 10 ans, lorsque nos bambins seront ados.
Alors, c’est quoi le problème du BPA M’sieur Cicolella ?
Bisphenol A (BPA) agit comme un perturbateur endocrinien et est impliqué dans des affections aussi variées que les problèmes de reproduction, l’obésité, les cancers du sein et de la prostate, le diabète, les dysfonctionnements thyroïdiens et les problèmes d’attention chez les enfants. L’exposition en bas âge peut augmenter une prédisposition aux cancers en affectant la programmation génétique du développement des individus. Source www.reseau-environnement-sante.fr
Ah ouais quand même ?
Le lendemain, nous voici à la pharmacie, à faire un de nos premiers achats neufs depuis le lancement du Compact en janvier dernier : 2 Biberons sans BPA à 7€ chaque.
Voilà une conférence efficace !
Liste pour le poissonnier
Acheter du poisson. C’est compliqué. Et s’il y a bien une exception problématique à notre régime alimentaire (auto-production / local / biologique) c’est bien les produits de la mer. A Nantes, les étals des poissonniers regorgent pourtant de produits de premier choix et il semble difficile de s’en passer. Seulement, sans étiquette “biologique” et sans informations précises sur les lieux de pêche (ANE, GG, MN etc…) ni les types de pêches (gros bateaux, petits bateaux…) consommer du poisson, sans compromettre les intérêts écologiques que notre action est censée protéger, relève du travail de scientifique.
Nous avons donc préparer une petite liste de course pour acheter du poisson
Celle-ci a pour but de consommer du poisson non surpêché. En effet, d’après le WWF, 75% des stocks de poissons commercialement exploités dans le monde sont surpêchés ou menacés de surpêche. La consommation des produits de la mer et la pression exercée sur les espèces et les milieux sont en constante augmentation.
La liste suivante provient de la sélection WWF des produits de la mer à privilégier. A laquelle nous avons soustrait les pêches très éloignées (patagonie, Alaska, Pacifique…) pour ne conserver que les espèces pêchées sur les côtes françaises ou européennes.
ANE : Provenance Atlantique Nord Est
GG : Provenance Golfe de Gascogne
M : Provenance Manche
Araignée GG/M
Bar de ligne GG/M (voir le site pointe de bretagne sur le bar de ligne) le bar de chalut est à éviter.
Crevette grise M
Dorade grise de ligne GG/M
Hareng ANE (Omega 3)
Huître France
Lieu Jaune de ligne GG/M
Maquereau ANE (Omega 3)
Moule France
Sardine ANE (Omega 3)
Sole d’Hastings Angleterre Voir le site Marine Stewardship Council msc.org
Tacaud GG/M
Thon germon de ligne GG
Tilapia Europe
Tourteau GG/M
Truite Europe
Turbot Europe
Signalons en parallèle que le patrimoine gastronomique de la région (référence : Patrimoine gastronomique de Loire-Atlantique HERSCHER 1998 – médiathèque J. Demy) compte quelques-unes des espèces dites “à éviter” ou à consommer “avec modération” dans la sélection WWF :
Civelles et anguilles, Europe
Coquille Saint Jacques, Pays divers
Homard, M/GG
Langoustines, ANE
Slow food au Lieu Unique
Les Ateliers du Goût reprennent cette année, un jeudi par mois.
Ces ateliers offrent l’opportunité de dégustations guidées, en présence de producteurs et d’experts de l’alimentation, dans l’objectif d’explorer, de s’interroger et d’expérimenter des goûts de produits qui peuvent paraître communs.
Cette année deux ateliers portent sur la découverte de deux races régionales d’animaux domestiques : la vache nantaise et le mouton des Landes de Bretagne.
A travers ces deux rendez-vous, l’accent est mis sur la sauvegarde des races animales qui avaient failli disparaître dans la seconde moitié du 20ème siècle dans les Pays de la Loire. La variété des plaisirs de la table va de pair avec la défense de la biodiversité.
Le mouvement international Slow Food met l’accent sur les liens étroits qui existent entre politique, agriculture, environnement et culture. Slow Food allie plaisir et nourriture avec conscience et responsabilité sociales. Les activités du mouvement et de ses associations locales, les Convivium – convivialité en latin – visent à sauvegarder la biodiversité dans notre alimentation, à diffuser l’éducation gustative au travers des Ateliers du Goût et à relier les producteurs d’aliments aux consommateurs.

Programme :
Jeudi 8 octobre 2009 : Les variétés anciennes de tomates en compagnie d’un maraîcher bio de la région nantaise
Jeudi 5 novembre 2009 : les couleurs de thé en partenariat avec le club des buveurs de Thé de Bretagne – Pays de Loire
Jeudi 3 décembre 2009 : La bière artisanale
Jeudi 14 janvier 2010 : La vache Nantaise
Jeudi 11 février 2010 : Les légumes racines avec la participation d’un maraîcher nantais
Jeudi 25 mars 2010 : les poivres avec le chef Olivier Roellinger
Jeudi 29 avril 2010 : le mouton des landes de Bretagne autrement connu sous le nom de ” tondeuse écologique”
Tarifs par atelier : 8 euros / 5 euros pour les adhérents Slow Food et les abonnés du lieu unique. 19 h – 20h 30
Paysans et consommateurs, un pacte contre la grande distribution (de lait)
Le jeudi 10 septembre 2009, les producteurs de lait se mettent en grève en raison de faibles prix de revient qui leur sont imposés. L’infographie du Monde, donne la marge pour 1 litre de lait vendu 1,05 euro en rayon : 8 centimes pour le producteur et 40 centimes pour le distributeur.
Du côté des consommateurs, on cherche le producteur local de lait au marché ou dans les AMAP. Mais on ne le trouve pas. Pour acheter du lait, on se rend dans l’un des 19 hypermarchés de Nantes.
Les producteurs indépendants et grévistes ont trouvé logique de distribuer gratuitement leur lait sur les marchés de la région plutôt que de l’écouler dans la fosse à lisier. Très bonne idée, car en plus d’éviter de gaspiller des hectolitres prélevés à la Nature, cette rencontre entre le paysan et le consommateur permet d’en savoir un peu plus, en se passant à la fois des médias de masse et des hypermarchés.
Le dialogue entrainant la compréhension, des clients du marché de Talensac mettent la main à la poche, et payent leur bouteille. “Les gens ont donné en moyenne 0,50 euro par litre. Soit le double de ce que nous payent les laiteries !
La question qui me vient en tête en voyant les paysans sur le marché de Talensac est la suivante. Pourquoi ne pas continuer ainsi ? ça leur va bien aussi de distribuer le lait (à la ferme ou au marché). Pourquoi ne pas proposer eux-mêmes leur prix dans ce cas, avec un peu de réaménagement dans la profession, par coopératives ou autres fonctionnements groupés, et réussir à se passer des industriels de la grande distribution.
Pour tout dire, les consommateurs que nous sommes n’attendent que ça (et du bio !).
Nantes paradis du supermarché
Sommes nous tant accros aux supermarchés que ceux-ci ne cessent de prendre du terrain dans notre paysage, sur les parcelles agricoles, sur les marécages aux tritons ? (Les tritons dont il est question pour asseoir notre refus à l’aéroport de Notre Dame des Landes : “Des tritons, pas des avions !”)
En effet, la surface commerciale dans l’agglomération nantaise est de 850 000 m2 avec 19 hypermarchés et 59 supermarchés. Les hypermarchés offrent 220 m2 de vente pour 1000 habitants contre une moyenne nationale de 143 m2, ce qui en fait une championne de la grande surface ! (Source : AURAN)
Bon, il est vrai que le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes porte sur 16 000 000 m2 soit 20 fois la surface de tous les magasins de l’agglo réunis… Mais il est à parier (ou à démontrer) que les grandes surfaces ou zones commerciales péri urbaines de Nantes doivent concurrencer de près l’impact environnemental d’un aéroport international sur plusieurs aspects : paysages et territoires, biodiversité (les tritons) étalement urbains, transports de marchandises par poids lourds, le tout routier (drive in, parking), l’énergie (lumière, chauffage, froid) , santé mentale (trop de couleurs criardes et de publicités) et pour ce qui nous intéresse ici, le monstrueux, l’invraisemblable, l’intolérable impact écologique de l’alimentation de supermarché.
C’est celui qui gonfle votre empreinte écologique
alors, comment sortir de ce mauvais pas ?
Plusieurs possibilités :
- Ne plus manger (parfois j’y pense)
- Devenir locavore
- Devenir végétarien…
Quelques indices pour un système idéal de l’alimentation respectueuse de la Nature
Dans un article du Journal des collégiens (supplément Ouest France juin 2009), Mlle Gautrau, en 4ième à Saint Mars de la Jailles, décrit comment ses grands parents mangeaient avant l’ère des supermarchés. Extrait : “Avant, les gens de la région pratiquaient l’auto consommation dans les campagnes comme dans les villes (jardins ouvriers), les marchés pour les fruits et légumes, ou les commerçants ambulants. Et recouraient aux commerces de proximités. Le constat est le suivant : une alimentation moins variée, mais moins de gaspillage, moins de transport, moins de déchets… “
Voici donc ce que pourrait nécessiter un système idéal de l’alimentation respectueuse de la Nature
- produire soit même
- soutenir les agriculteurs locaux, la culture biologique et saisonnière (sur les marchés par exemple)
- recourir au petit commerce de proximité bio
Vacances + récapitulatif des 6 premiers mois du Compact !
Le Compact est un challenge d’une année pour ceux qui souhaitent changer leurs habitudes de consommation. On peut même dire qu’il s’agit d’un apprentissage à consommer différemment. Le Compact n’est pas LA solution pérenne et définitive. Les réactions suscitées par l’article sur Rue 89 le montre bien : ne pas acheter de produits neufs toute une année est un acte tellement fort qu’il apparait aux yeux des non-pratiquants comme un outrage à la liberté, un scandale économique ou une dictature écologique. Je vois cela plus comme un gros régime, ou carême si vous préférez, bon pour ma santé (moins de supermarché est bon pour ma pression artérielle) et celle de la Nature.
Empreinte écologique au premier juillet 2009 : 1,6 hectares
Récapitulatif des 6 mois qui furent, on peut le dire, assez sobres, en application stricte du régime Compact. Seuls quelques achats neufs ont été effectués depuis le début de l’année :
- un calendrier (Ah désolé monsieur le pompier, mais on peut rien vous acheter cette année…)
- un magazine de cuisine en caisse du Monoprix
- un livre de Henriette Walter en dédicace chez Coiffard
- 2 lunettes de soleil pour enfants
- 1 bonnet de bain pour piscine
- 2 paires de pompes d’été pour les enfants.
- 1 participation à un cadeau collectif de mariage : voyage en grèce.
Les plus grandes réussites dans notre lutte contre la consommation de masse : réparer un foutu meuble Ikéa pour ne pas en acheter d’autre. Avoir un ordinateur et téléphone portable qui tiennent le coup. Aucun déplacement hors de la région (grand ouest) en 6 mois, sauf un aller retour Nantes-Paris pour le boulot. Avoir initier nos proches sur la démarche sans pour autant faire de prosélytisme aggravé ou de culpabilisation cinglante. Avoir participer à la promotion des idées cadeaux non objets :
- séjour cabane dans les arbres
- souscription à la Miellerie de l’arbre à pain.
- cadeau de naissance : un panier garnis de spécialités régionales pour parents épuisés…
Et maintenant c’est les belles vacances qui arrivent, que nous passeront dans la région également. Il va falloir maintenir le cap.
RDV à Notre Dame des Landes en août prochain pour un grand moment (historique) de contestation populaire !